Pour aller de Dehli à Agra, il y a quelques centaines de kilomètres, soit à peu près de 4 heures de train. J'avais lu qu'il ne fallait pas passer à côté d'un voyage en train ici, et effectivement,
c'est folklorique, voire assez marrant, par moment.
Le réseau ferré est non seulement très developpé* (un héritage de la colonisation britannique), mais aussi très utilisé par les indiens et particulièrement pas cher.
Que ce soit la foule qui se presse sur sur les quais (avec pas mal de gens qui y dorment en attendant leur train), le défilé des vendeurs de thés, de bouffe ou de gadgets dans les wagons ou les
paysages qu'on traverse, c'est très dépaysant...
Arrivée à Agra, donc. C'est une vraie touristique, dans le mauvais sens du terme. La proximité de Delhi et la présence d'une poignée de monuments, dont le Taj Mahal, attire beaucoup de gens, mais
l'économie de la ville ne repose sur pas grand chose d'autres. Du coup, les environs des gares grouillent de rabatteurs, de chauffeurs de taxis ou de richshaws qui sautent sur les touristes dès le
premier petit orteil posé sur le quai. Fatiguant. J'ai pris le parti de me dire que je ferais sans doute pareil à leur place, et que ça fait une excellente occasion de mettre sa patience à
l'épreuve...
Le Taj Mahal, selon la légende, est un mausolé en marbre blanc bâti par l'empereur Shah Jahan au XVIIème, pour abriter la dépouille de sa femme préférée, dont la mort lui brisa le coeur. Pour ête
sur que l'architecte perse comprenne bien la douleur qu'il avait ressenti, il fit tuer son épouse...
C'est proprement spendide, de près comme de loin. De loin, avec la lumière du lever du jour et la brume qui monnte la rivière derrière, c'est magique. Dans cette ambiance, le voir s'élever sur un
tapis volant ne semblerait pas vraiment étonnant.
De près, c'est magnifique aussi. L'intégralité du monument en marbre, du sol au bout de minarets est inscruté de pierres colorées et sculptées. Quand à l'intérieur, les deux fausses tombes sont
entourées de dentelles de pierre d'une finesse étonnante.
Et il parait que les vrais tombeaux, dans une crypte au sous-sol mais pas visibles, sont complètement inscrustés de pierres précieuses.
Mémorable, vraiment. Comme à Pétra, beaucoup de poètes ont du se faire plaisir pour rendre l'émotion qu'on ressent en le voyant... **
Quelques heures à déambuler au Fort rouge de la ville et quelques rencontres sympas, le soir à l'hôtel, complèteront avec bonheur ces deux jours passés à Agra...
Juste avant de partir, en attendant mon train, j'ai pas pu m'empecher de faire mon instit avec un mome des rues qui me regardait écrire dans mon journal. Du coup, j'ai improvisé un truc de
maternelle sur l'écriture des chiffres en anglais, ce qui, au final, m'a mis au centre d'une dizaine d'indiens intrigués. C'était plutot marrant...
Quelques photos supplémentaires
ici .
* L'Indian Railways est le deuxième employeur au monde (1,6 millions d'employés !)
** Pour Tagore, c'est "une larme sur le visage de l'éternité"...