Lundi 21 juillet 2008
Je rattrape doucement le décalage temporel entre ce que j'écris et je je vis en ce moment; moins d'un mois, à présent, et ça va aller en s'accélérant. Vous lirez la jonction sous peu...

Pas de photos dans les prochains posts, mini-connection oblige. Je vous renvoie la, pour un apercu, en attendat la mise en ligne de ce qui traine sur mon disque dur la semaine prochaine.

Première semaine à l'école, et premières impressions déconcertantes.


Les étudiants étaient en examen tous les matins de 8h30 à 11h30, avec présence des enseignants pour les surveiller. Le truc, c'est qu'en dehors de ces trois heures, il n'y avait pas grand chose à faire, et le temps m'a paru parfois plutot long. J'ai passé du temps à discuter avec les autres profs, à me ballader, à taper dans la gros stock de bouquins prévus justement pour ça (dont un bon nombre en relation avec le bouddhisme et le Tibet, histoire de faire d'une pierre deux coups) et dans tous les films que j'avais récupéré via Anaïs et Matthieu la semaine précédente. Mes quelques tentatives pour discuter avec les étudiants n'ont pas été vraiment concluantes, notamment parce qu'ils ne sont pas très extravertis, et le fait d'être prof, nouveau et étranger complique les choses. Ca m'a rappellé le sentiment qu'avaient l'air de ressentir certains assistants de langue que j'ai croisés lors de remplacements, et qui semblaient transparents, ignorés ou regardés du coin de l'oeil par tout le monde...

D'un autre côté, je recherchai, d'une certaine manière, cet éloignement. Pendant une semaine, j'ai vécu loin de choses dont j'ai pas l'habitude de me passer. Pas de junk-food à des kilomètres à la ronde, pas d'internet, pas de sport, peu de gens autour de soi, pas de grasse mat'*, du thalli** au petit dej, dîner et souper, la douche à l'eau froide, etc...
Il m'a pas mal tardé de revenir sur Darjelling pour manger des cochonneries, me connecter au net et prendre une douche chaude, vers la fin de semaine, tout de même.
J'ai eu l'impression, un moment, d'etre en manque de tout ça, au sens médical du terme, comme si
m'habituer à vivre de cette manière m'était douloureux physiquement, alors "qu'intellectuellement", ça me convenait plutot pas mal. Le sevrage a pris un peu temps, voilà tout. Impression confirmée par la suite, parce que ça s'est atténué franchement les semaines suivantes, jusqu'à maintenant, où, le départ s'approchant à très grands pas, j'avais plutot envie de rester avec eux le week-end, même si j'avais trop de choses à faire en ville pour ne pas y aller.


C'est très étonnant de se retrouver plonger dans cette ambiance, les premiers temps. Si j'ai demandé à venir ici, c'est aussi en parti par ce que, comme beaucoup, le bouddhiste m'intéresse, et en avoir une autre vision, plus proche, plus concrète, plus réelle, sortie de l'image qu'on s'en fait en voyant le Dalaï-Lama à la télé ma plaisait pas mal. Voir plancher ces jeunes, tous habillés avec la robe pourpre qu'on connait, a quelque chose de presque trop réel pour coller avec l'image que j'en avais, celle, un peu intemporelle, un peu hors du monde, qui va avec cette tenue. Je comprends mieux pourquoi il est contre les conversions, d'occidentaux notamment, en disant que c'est très difficile de se déraciner de la sorte. C'est assez hermétique et j'imagine qu'il faut une sacrée volonté et du monde autour de soi pour en tirer bénéfice...

J'ai perdu un peu de la fraicheur du début, maintenant que j'écris ça avec trois semaines de recul, mais il me reste quelques souvenirs (et de notes papiers) de cette longue liste de petites choses étonnantes qui nous frappent quand on se retouve à vivre dans une environnement aussi étranger que celui-là.
En vrac:
  • Travailler en silence, alors qu'ils sont en examen (avec des conséquences importantes en cas d'échec) ne semble pas vraiment dans les moeurs. Entre les autres profs qui expliquent un truc à haute voix ou le cuisto qui prépare le repas juste à côté, mixage des piments inclus, même si l'examen à lieu dans le réfectoire...
  • Ils ont une manière bien de eux de hocher la tête pour dire oui. Ca ressemble plus à une ondulation sur le coté, type danseur de hip-hop... J'ai mis du temps à comprendre..
  • Ils ont vraiment une vie de moine, même s'ils n'en sont pas vraiment (ils n'ont pas prononcé les voeux, pour l'instant au moins). En plus de leurs horaires assez fous, surtout pour les plus petits (lever 5h-coucher 21h30, 5j par semaine, avec peu de temps pour soi dans la journée), ils n'ont qu'un contact très limité avec le vaste monde. Leurs seuls contacts sont la télé (très rarement, et pour regarder des trucs débiles de ricains, des mangas ou des matchs de cricket), les quelques semaines par an où ils rentrent dans leur famille, et, dans une certaine mesure, ma pomme et les quelques autres rares volontaires qui viennent enseigner quelques temps. Je détaillerai plus tard, mais il n'y a pas un bouquin dans l'école, pas un cours qui ouvre un peu au monde, rien pour éveiller leur curiosité.

Après cette première semaine, trois semaines de "vacances" se profilaient. on était le 16 juin, et je devais être de retour avant le 5 juillet. Le Népal était pas loin, le visa pas trop cher, la situation politique calme, j'en ai donc profité...


* Avec le décalage horaire, qui n'est que de 3h30 avec la France alors qu'on est très à l'est, le soleil passe l'horizon autour de 4h. En comptant la brume et les montagnes, il fait très clair avant 5h, et vu que je n'ai pas de volets... Dans l'autre sens, il fait nuit autour de 18h30. J'ai mis quelques jours à adapter mon rythme de vie à celui du soleil, une fois compris ça...
En sachant qu'à partir de 5h30, la prière commence dans le jardin situé sous mes fenêtres, j'ai pas eu le choix, de tout façon :)
La prière du matin, c'est pas vraiment silencieux (J'ai une petite vidéo sous le coude, d'ailleurs, vous verrez ça au retour).

** Riz blanc, plus soupe agrémentée de quelques légumes, voire, deux fois par semaine, de petits bouts de viande, le tout lourdement pimenté, Inde oblige. Sans être excellent, ça passe pas mal, même si au niveau équilibre alimentaire, c'est pas terrible. Du coup, les week-ends, les frites et pizzas du Pizza Palace, à Darjelling, c'est super agréable... Je soupçonne que je vais revenir beaucoup moins difficile, au niveau bouffe, après un mois de ce régime... :)
Par GF - Publié dans : Volontariat-ecole bouddhiste
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Mail-couchsurfing

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
optimisation site web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus