Toujours pareil, pas de photos ici, en attendant une meilleur connection. En attendant mieux, c'est
la.
Après quelques jours à Darjelling et à Siliguri, une grande ville proche, je prend un bus jusqu à Panitanki, la ville frontière. Quelques minutes d'attente pour faire tamponner ma sortie du
territoire indien, et je passe la frontière. Un grand pont passe au dessus de rizières dans lequel se reflète le soleil. Au loin, on voit un grand panneau "Bienvenue au Népal", qui laisse
l'impression d'être ailleurs, ni en Inde, ni au Népal. J'ai la sensation fugace de me trouver sur le trait noir de la frontière. Comment peut-on avoir les pieds qui touchent Terre, et n'être dans
aucun pays ?
Je reviens sur la carte à Kakarbita, l'équivalent népalais de Panitanki, avec son bureau de l'immigration. J'y échange trente dollars contre mon visa népalais, remercie sincèrement le fonctionnaire
pour me laisser passer sans photos, et trouve un bus pour Katmandou. Je finis par partir vers 17h, dans un vieux bus bondé de Népalais.
Entre ce moment et celui où je pourrais m'étaler sur le lit de mon hotel, le lendemain vers 11h00, le bus traversera tout l'est du pays (la capitale est située juste au centre), au milieu de
paysages de plaines très verts et de villages très pauvres, de petites routes de montagne qui traversent quelques villages de planches branlantes, s'arrêtera de nombreuses fois, pour des pauses
nourriture ou pour d'autres raisons que je n'ai pas réussi à comprendre, roulera sur tous les nids de poule sur son chemin juste pour le plaisir de tester ma colonne vertébrale, et constituera, au
final, une expérience pas banale du tout.
Pour être tout à fait honnête, il faut rajouter que j'en ai chié pas mal, comme on dit. J'ai beau être patient, ne pas pouvoir dormir plus de 20 minutes d'affilée à cause de l'état de la route ou
des passagers qui montent et qui descendent à chaque arrêt, garder un oeil sur mon sac au milieu de l'allée centrale tout le temps, essayer de trouver une position pas trop inconfortable pour mes
cochonneries de grandes jambes*, essayer de trouver une manière de faire passer le temps sans bouquiner ou écouter de la musique**, retenir son souffle quand on croise un autre bus lancé à pleine
vitesse sur les petites routes de montagne, tout ça est éprouvant pour les nerfs. J'ai fini passablement énervé, comme ça ne m'arrive pas souvent.
Si on rajoute que j'apprendrais après que les voyages en bus, particulièrement de nuit, sont lourdement déconseillés au Népal, à cause des accidents, et qu'Anaïs et Matthieu me diront avoir croisés
une petite dizaine d'accidents divers sur la même route faite de jour, et notamment d'un bus de la nuit précédente au fond d'un ravin, rétrospectivement, ça fait froid dans la dos. Je ferais le
retour de jour, du coup, hein... :)
Je suis pas faché d'être arrivé en vie, donc.
* Je rends quinze centimètres à la moyenne nationale, et ça se sent dans la taille de tout, de la hauteur des portes à l'espace entre deux sièges.
** Le bruit du moteur était trop fort pour mes écouteurs...